· Introduction

Oser malgré la peur
 

Lors d’une soirée organisée par des amis, deux invitées ayant entendu parler de mes recherches sur les entrepreneurs et sur l’entreprenance me posent exactement la même question, à quelques minutes d’intervalle. Bons diplômes, bons jobs et visiblement beaucoup d’ennui.

- « Est-ce que j’ai raison d’avoir envie de faire ce que j’ai envie de faire ? »
Oui bien sûr, ce blog est ma réponse. Dans le dictionnaire, l’entreprenance est la qualité de celles et ceux qui osent. En anglais le mot « entrepreneurship », pour entreprenance, dérive d’ailleurs d’entrepreneur : un nom français ayant conquis le monde.
15 ans de recherches confirment une intuition : on ne naît pas entreprenant.e[1], on le devient. Nos plus belles qualités sont générées par les épreuves traversées : elles sont acquises, elles développées pour compenser des fragilités. L’entreprenance se travaille donc tout particulièrement à la rencontre de nos peurs. Nos qualités se développent mieux dans le dialogue avec nos fragilités. C’est un grand est beau secret : la vraie force vient du dialogue avec la fragilité.
- « Est-ce que j’ai raison d’avoir envie de faire ce que j’ai envie de faire ? »
Oui évidemment, être entreprenant.e est la meilleure façon de stimuler sa croissance. L’entreprenance va bien au-delà de la création et de la gestion d’entreprise : si l’entrepreneur.e est nécessairement chef.fe d’entreprise, l’entreprenant.e donne des formes et des statuts variés à son entreprenance.
Être créateur.e de sa vie est un processus continu, et une nécessité vitale, car la réalisation de soi est probablement le plus profond désir humain.
Être créateur.e de sa vie est une source inépuisable de bonheur car la croissance personnelle s’accorde alors en continue avec le sens de sa vie : l’utilité de sa vie, sa contribution à la civilisation. Y renoncer c’est s’étioler. La liberté de pouvoir devenir qui l’on a envie d’être est d’ailleurs le grand critère contemporain du niveau d’évolution d’un pays.
Je deviens entreprenant.e quand mon histoire de vie croise un projet. Ce moment-clé est rare et précieux. Il est le fruit de tout un parcours personnel, indépendamment de l’âge. La vie attend alors une réponse : « Veux-tu partir à l’aventure ? »
Le mot entreprenance dérive d’entreprendre et entre-prendre c’est prendre entre : assembler des éléments existants pour en faire quelque chose de nouveau. D’une façon ou d’une autre, l’innovation et le changement sont au cœur de l’entreprenance. Être entreprenant.e, c’est bouger les lignes, déranger les usages et conventions, donc s’exposer à la critique.
- « Ça ne se fait pas, pas comment ça. »
- « Ça ne marchera pas, d’autres ont essayé avant toi. »
- « Pour qui te prends-tu ? »
Une initiative est une désobéissance réussie ? L’expérimentation est au cœur de l’entreprenance et c’est tout l’objet de ce livre : collecter et assembler une culture de l’entreprenance afin d’en faciliter l’accès, même, surtout aux plus sensibles d’entre nous. Car nos talents les plus spectaculaires sont générés par les épreuves traversées. Ainsi de la perle générée par l’huître à partir du grain de sable qui la dérange. Une grande peur peut donc générer un grand courage ? Oui mais comment ?
Le parcours de l’entreprenance
Chaque partie présente une dimension de l’entreprenance, agrémentée de témoignages d’entrepreneur.e.s et d’entreprenant.e.s. Il propose des explications et donne des apports théoriques pour mieux comprendre. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ? J’y assemble fréquemment des idées d’ouvrages qui m’ont marqués pour en faire quelque chose de nouveau.
Chaque partie se termine par une notice d’atelier en trois parties.
1. Les questions à se poser pour travailler sur soi et travailler ensemble, avec des proches ou en équipe-projet. Une de nos grandes forces avec mes équipiers, Maud Louvrier-Clerc, Marie-Aude Cazard, Jérôme Frugère et Estelle Basquin notamment, et de l’école de coachs que j’ai fondée, c’est l’art du questionnement. Nos interrogations sont optimisées pour stimuler l’explicitation et la verbalisation, donc le partage puis la prise de décisions : le plan d’action. Nos questions sont construites pour tendre à neutraliser le jugement et les savoirs ronronnants.
2. Un référentiel de compétences permettant de s’auto-positionner et s’auto-analyser sur sept compétences-clés. Ce travail ludique ancre les apprentissages. Il nourrit la réflexion et les échanges entre équipiers ou avec des proches et des soutiens, et facilite les décisions.
3. Une synthèse théorique des forces-fragilités personnelles liées à cette grande dimension de l’entreprenance.

Les 12 parties, donc les 12 notices d’ateliers proposées permettent de transformer le poison de la peur en élixir de l’entreprenance. Autorisez-vous à papillonner dans les 12 ingrédients de ma recette magique, à l'instinct ou en fonction de votre actualité. Le sommaire en fin d’ouvrage peut servir de carte pour se repérer. Et vous pouvez aussi suivre le parcours proposé. Sous le signe du feu, mon écriture est parfois dense et intense, alors prenez le temps de respirer et de butiner.

Tout commence donc avec l’auto-émerveillement, la foi en soi : s’autoriser à être le héros, l’héroïne de sa vie. S’autoriser à relire son histoire personnelle comme une légende. Être auteur.e et créateur.e de son récit de vie plutôt que le subir, et faire alors « autorité » sur sa vie : « auteur » et « autorité » ont la même racine.
Accéder à la dimension mythologique et poétique de la vie, de sa vie permet de vivre au plus près de la vérité humaine qui est toujours logique ET féérique. Être créateur.e de sa légende personnelle donne le courage d’être soi (chapitre 1).
L’émerveillement est donc un éclairage et une qualité de regard indispensables. Et l’émerveillement gagne à être associé à la connaissance de ses parts d’ombre, à la reconnaissance de ses fragilités, blessures et limites. La remise en question personnelle responsabilise et nourrit la transformation personnelle.
Le travail sur soi, la soif d’apprendre et d’amélioration continue – voire la quête d’excellence - sont des dynamiques vitales, naturelles et profondes ; parmi les meilleurs indicateurs de santé (2).
Ensuite, le pilotage de l’attention, de la vigilance et de la qualité de présence est une acquisition aussi vitale que la marche, la propreté ou le langage (3).
Ce trio fondamental donne accès aux huit ingrédients suivants. Il en est à la fois le socle et la ressource. Légende personnelle, remise en question personnelle et disponibilité permettent de mieux connaître et assumer ses équilibres de vie, son écosystème personnel, pour l’expliquer et le transmettre (4). Il devient possible de déployer et partager son imagination (5) et de protéger l’énergie du jeu pour augmenter son impact et éviter de dramatiser (6).
Vient alors le moment de devenir créateur.e de son temps, et non plus victime du temps (7), d’apprendre à maîtriser sa colère et d’oser se battre grâce à l’art du combat : pour pouvoir être doux il faut savoir être dur, et le respect n’est pas toujours tendre (8). Il devient alors possible de valoriser la diversité et la complémentarité d’équipe pour réduire les risques (9).
Être créateur.e de sa vie requiert aussi l’art du jardinier afin de réunir et de protéger les conditions d’une croissance naturelle (10) pour s’autoriser à désirer, cultiver et célébrer l’abondance et la prospérité (11). Pour finir, le parcours proposé ouvre sur le goût de l’excellence et du succès. Nos victoires se gagnent contre la fatalité et l’absurdité de la vie, pas contre les autres. La compétition contre soi-même est la seule qui ne se termine jamais : le défi de l’imagination associé à la réalisation, l’histoire sans fin (12).
La magie associant réalisation de soi et impact est heureusement plus complexe et surprenante que ce parcours simplifié. D’autant plus que nul ne peut emprunter les pas d’un autre, disait souvent mon premier maître.
Vaste tribu des entreprenant.e.s
Vous trouverez dans ce grimoire mon témoignage en préface. Quoi de mieux qu’un récit de vie pour savoir d’où parle l’auteur, comprendre la genèse de son approche et de sa légitimité ? Vous trouverez aussi les témoignages d’entreprenant.e.s inspirant.e.s, dont les prénoms et éléments d’identification ont été modifiés pour préserver l’anonymat. Ces histoires de vie sont parfois spectaculaires et forgées dans la douleur. Elles ne sont pourtant pas la généralité et ne doivent pas intimider. Ces histoires vraies sont des invitations à ce que chacun donne des accents de légende à son récit vie : toute expérience humaine peut être convertie en enseignements inspirants.

Avec ce blog, je vous propose un manuel de développement personnel à la française : que j'espère élégant et consistant. Il est le fruit de 15 années de recherches validées par de l’intelligence collective d’un groupe de travail pluridisciplinaire, et par des coachs ayant réalisé plusieurs centaines d’analyses des forces-fragilités d’entrepreneur.e.s et autant de prestations de coaching d’entreprenant.e.s.

La découverte de l’entreprenance est le fruit de mes recherches sur les entrepreneur.e.s, d’abord seul, puis chez Axa Investment Managers (Axa IM) et enfin au sein de groupe de travail Finance for Entrepreneurs.[2] L’entrepreneur.e permet un effet de loupe, de zoom, sur l’entreprenance. En revanche, le chef d’entreprise ne doit pas devenir un idéal intimidant. L’entreprenance est le grand sujet de ce livre, au-delà de l’entrepreneuriat.
Une meilleure compréhension de l’entreprenance peut être utile dans les grandes entreprises pour faire un retour aux sources. Elle peut donner de la force à tous les entreprenant.e.s et créateurs d’entreprises, spécialement celles et ceux qui se sentent atypiques. Mais qui ne l’est pas ? Enfin, les chef.fe.s d’entreprises confirmé.e.s pourraient y trouver un second souffle, pour un nouveau départ.
- « Est-ce que j’ai raison d’avoir envie de faire ce que j’ai envie de faire ? »
Ma réponse est donc définitivement oui, chacun doit pouvoir créer le « job de ses rêves et la vie qui va avec.[3] » J’écris pour les entreprenant.e.s de tous âges, de tous milieux : salariés, chefs d’entreprises, agriculteurs, artisans, artistes, travailleurs indépendants, manageurs, fonctionnaires, bénévoles, étudiants, etc. J’écris pour celles et ceux qui veulent grandir sans se trahir.
[1] L’écriture inclusive du féminin est utilisée de façon occasionnelle pour ne pas freiner la lecture.
[2] Axa IM est la filiale de gestion d’actifs d’Axa. Finance for Entrepreneurs, « mettre la finance au service des entrepreneurs » est un projet d’intelligence collective et une association à but non-lucratif dont je suis le dirigeant cofondateur depuis 2008.
[3] Titre du livre d’Alexis Botaya et Corentin Orsini.

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